Hortense Merisier

Miscellanées de prose, vers, pensées, remarques, interrogations, (auto-)critiques, avec cynisme, humour, douceur ou tendresse…


#20 La Maison des Feuilles et le cauchemar

Je n’en suis encore qu’au début de ma lecture de La Maison des feuilles, mais quelque chose m’a frappée en lisant, et ce dès les premières pages. J’avais déjà vaguement une idée de l’histoire, puisque j’avais regardé l’analyse très intéressante de Alt 236. D’après lui, le truc effrayant dans ce roman, c’est l’obscurité, peur universelle.

Une histoire de cauchemar

Pour moi, il n’est pas question de peur du noir, mais de peur des cauchemars. Dès le début, il est question d’obsession pour le sommeil. Tous les personnages sont confrontés aux cauchemars, et le sommeil, ou l’absence de sommeil, ou le sommeil non-réparateur, reviennent régulièrement dans les préoccupations des personnages, y compris secondaires.

Un cauchemar classique est celui du dédale dans une maison : qui n’en a jamais rêvé ? Des grondements-grognements pendant le sommeil : des ronflements. Se réveiller et avoir peur du noir, peur de ce qui peut y être tapi, mais qui est enfermé dans le cauchemar : habituel. Dans nos rêves, nous sommes parfois englués, perdus, incapables de nous réveiller et de retrouver le chemin de la lumière, mais nous nous réveillons toujours au moment où tout semble perdu.

Une interprétation personnelle

Ma propre expérience du cauchemar et de la privation de sommeil liée aux cauchemars, ma propre perception de ces labyrinthes de couloirs et d’escaliers, mes propres ombres, celles qui viennent me hanter quand je dors, ne sont pas étrangères à cette interprétation. J’ai eu (et j’ai toujours) de terribles problèmes de sommeil. J’ai fait (et je fais toujours) d’affreux cauchemars qui me réveillent en sueur, terrorisée.

Je connais très bien les effets de l’insomnie, les hallucinations, la perte de repères, les pensées confuses… et j’ai immédiatement reconnu un personnage en sévère privation de sommeil.

C’est pour ça que j’ai du mal à croire qu’ils ont juste peur du noir. Ils font des cauchemars éveillés, des cauchemars universels, des cauchemars qui parlent à tout le monde. Ils se réveillent, et ils ont peur du noir. Ils reviennent dans la lumière, mais le cauchemar les obsède, car tel est le pouvoir d’un cauchemar bien gluant d’angoisse : il te poursuit même quand tu es bien réveillé. Et ils sombrent à nouveau, parce que le sommeil est toujours plus fort que la peur de dormir.

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