Hortense Merisier

Miscellanées de prose, vers, pensées, remarques, interrogations, (auto-)critiques, avec cynisme, humour, douceur ou tendresse…


#24 La Maison des Feuilles, éloge de la lenteur

Habituellement, je lis environ 60 pages par heure (entre 40 et 100 selon la difficulté), ce qui me place à peu près dans la moyenne des 300 mots par minute. Ce qui fait de moi, je pense, une « grande lectrice », c’est surtout que presque aucun livre n’est trop difficile pour que j’en vienne à bout. En général, si je ne les finis pas, c’est surtout parce que le style ou le sujet ne me plaisent pas (souvenir ému pour Les Bienveillantes, que j’ai trouvé tellement chiant que je n’ai jamais dépassé la page 23).

Avec La Maison des Feuilles, j’ai commencé par me dire : « bon, 700 pages, ça fait à peu près 12 heures de lecture, tranquille en un week-end, surtout que je vais le commencer le jeudi ». J’ai regardé au bout de deux heures de lecture : j’avais péniblement atteint la page 40.

J’ai donc réévalué mon temps de lecture : « 20 pages à l’heure, ok, pas de problème, ça va être plus long mais le tout c’est de rester constant et d’y aller tranquille, c’est un livre-marathon et pas un livre-sprint. » Arrivée à la page 80, je ne lisais plus que 6 pages en une heure, puisque je passais bien 10 minutes entre chaque page à chercher des notes de bas de page ou le texte de la note de bas de page (caché un peu plus loin ou un peu avant, ça dépendait).

J’en suis à la page 150 et à présent, je me dis : « qu’importe le temps de lecture ! j’en viendrai à bout, c’est une question de principe. Je n’ai pas reculé devant les 2000 pages des Misérables l’année dernière, je ne reculerai pas devant 700 pages, surtout que c’est génialissime et écrit avec tellement de fluidité ! »

Je ne sais pas ce que ça signifie, mais je suis sûre que cette complexité qui va crescendo à mesure qu’on avance dans le livre (ou dans le labyrinthe) veut dire quelque chose. Peut-être que plus on s’enfonce dans un labyrinthe, plus on doit rester concentré pour ne pas s’y perdre ? ou que s’y perdre est inévitable, et l’auteur fait en sorte que les lecteurs finissent par se perdre eux-mêmes dans la lecture ?

J’ai une autre théorie, mais j’attends de finir pour la dévoiler.

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