Hortense Merisier

Miscellanées de prose, vers, pensées, remarques, interrogations, (auto-)critiques, avec cynisme, humour, douceur ou tendresse…


#40 Quand le livre entre dans le livre

Là où j’en suis, et où le personnage de Johnny Errand a perdu pied avec la réalité, La Maison des Feuilles est un roman qui circule sur Internet. Je m’y attendais presque. A de nombreuses reprises, la réalité (physique où je me trouve), la réalité fictionnelle1 et l’imaginaire des personnages cohabitent, se croisent, se contredisent, se font écho ou se complètent.

J’avais déjà lu des œuvres fantastiques (Shining m’a tenue éveillée jusqu’à 3 heures du matin, tellement j’avais la trouille). Le principe de base veut que le lecteur soit tenu dans le doute : le personnage est-il devenu fou ou est-il face à des forces qui n’existent pas dans sa réalité fictionnelle ? Mais dans La Maison des Feuilles, le doute est ailleurs. On sait que Johnny enchaîne des crises paranoïaques de plus en plus violentes.

Ce que je n’arrive pas à saisir, pas pour le moment du moins, c’est si la thèse de Zampanò est aussi une invention de Johnny, si d’autres personnages sont aussi l’invention de Johnny (je doute de l’existence de Lude), et à quel degré il est (ou pas) schizophrène. Après tout, lorsqu’on sait qu’un personnage ment régulièrement, y compris au lecteur, peut-on réellement se fier à ce qu’il raconte, sous prétexte qu’il n’avoue pas l’avoir inventé ? Ce qui m’a fait douter, c’est le journal de Johnny. Ce ne sont sans doute que des détails, mais certains personnages réagissent bizarrement (plus bizarrement que si Johnny était seulement paranoïaque) et l’entrée du livre que je lis dans l’univers fictionnel.

Je me pose beaucoup de questions mais j’ai peu de réponses, seulement une théorie que je n’envisage pas de dévoiler avant la fin — après tout, je n’ai toujours pas fini ce roman et elle peut parfaitement être contredite dans 3 pages, pour ce que j’en sais.

1 C’est ainsi que je nomme le niveau de réalité présent dans les romans. Dans Harry Potter ou Perceval, les licornes sont réelles ; dans La Maison des Feuilles, l’escalier et le labyrinthe aussi. Est-ce moins réel parce que c’est issu de l’imagination de quelqu’un, alors que cette imagination a une réalité physiologique dans le cerveau ? La question demeure et, histoire de botter en touche, j’ai inventé le concept de réalité fictionnelle. D’autres que moi y avaient certainement pensé avant, mais je ne sais pas où chercher.

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