Hortense Merisier

Blog d'écriture quotidienne

#52 Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes


Lorsque ses mains se referment sur mon cou, ses yeux reflètent à la fois sa rage et la jouissance de me soumettre. Je cherche à me dégager, à le supplier. Je suffoque. Il finit par me relâcher, crache : « Sans moi, t’es rien ! tu sais rien faire, tu crois que tu peux t’en sortir ? t’arrives même pas à faire un putain de dîner sans le faire cramer ! ».

Je rampe contre le mur. J’ai peur. De lui, d’être seule, d’en parler. J’ai honte. Pour le dîner, pour sa colère, pour lui avoir dit oui devant le maire et le curé, pour avoir laissé la situation s’enliser. Jamais je ne pourrai en parler, il le sait, je le sais. Personne ne pourrait comprendre, personne n’acceptera d’aider quelqu’un comme moi. J’ai été trop horrible avec ma famille, mes amis, ils me détestent et ils ont bien raison. Ca fait des mois que je ne les ai pas vus, je ne vais pas me pointer et leur demander… quoi, d’abord ?

Ce soir-là, je dors dans ma voiture. Des mois qu’elle ne roule plus, mais il n’a pas l’argent pour la faire réparer. Le lendemain matin, je me suis un peu calmée. Je ne peux pas partir comme ça, je n’ai pas une culotte de rechange, je n’ai même pas de travail, où est-ce que j’irais et comment ? Lorsque je rentre, il me prépare le petit déjeuner, s’excuse. Il est stressé par le travail, fatigué, et puis je n’ai que ça à faire de mes journées… Il n’aurait pas dû, ça n’arrivera plus. Jamais. Il promet.


Violences psychologiques, économiques, sexuelles ou physiques : n’acceptez jamais le manque de respect. Ne tolérez même pas la première insulte, le premier dénigrement, la jalousie, qu’il·elle veuille que vous arrêtiez de travailler, les exigences sur votre apparence ou votre caractère, les pratiques sexuelles qui ne vous attirent pas.

Ne pardonnez jamais, que ce soit à cause du stress, du travail, d’une maladie, de la fatigue, d’un besoin, d’un mal-être, ou de n’importe quoi d’autre : aucune forme de violence, aucun degré de violence n’est jamais justifiable. L’amour n’est jamais conditionnel : il·elle vous aime soit complètement, défauts et faiblesses inclus, soit ce n’est pas de l’amour.

Et surtout, faites confiance à l’humanité des autres. Il se trouvera quelqu’un pour vous aider. Dans votre famille, dans vos anciens amis, vos voisins, vos collègues, une association, et même un inconnu dans la rue.

Parlez.

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