Hortense Merisier

Blog d'écriture quotidienne

#112 Rentabiliser l’amour


« Comment ça se fait qu’une femme comme toi soit encore célibataire ? »

Les yeux de Damien brillent. Je ne peux pas lui dire la vérité, bien entendu, à savoir que je passe la majorité de mes soirées et de mes week-ends sur mes contrats, et que ça limite grandement mes possibilités de nouer une vraie relation. Je me contente de hausser les épaules.

« Je suppose que je n’ai pas encore rencontré la bonne personne. »

Ses yeux brillent plus intensément. Je sais ce qu’il pense : il veut être cette bonne personne, celui qui me fera oublier tous les autres et sera meilleur qu’eux. Une technique de manipulation très efficace, mais à utiliser avec précautions.

« Et toi ?

— Avec le travail que je fais, ça n’est pas facile. Je ne suis pas toujours disponible… »

Je hoche la tête. Enfin ! Enfin, après trois rencards et un dîner, nous en venons au cœur du sujet. Il est temps. Je lui réponds que ça ne me dérange pas, me serre contre lui, enlace ses doigts chauds. Une décharge de désir me traverse, brûlante. Ah la la mon poulet, tu me fais un effet, si seulement tu savais… mais maintenant, je vais rentabiliser le temps que je t’accorde.


Elle hoche la tête, compréhensive, murmure que ça ne le dérange pas, s’appuie contre moi, cherche mes doigts, les enlace. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, mais je commence à m’habituer. Avec elle, je réagis vraiment comme un adolescent.

« Tu ne m’as jamais dit ce que tu faisais dans ce square.

— C’est une enquête en cours, tu sais bien que…

— Je ne te demande aucun nom. Dis-moi juste si c’est dangereux. »

Je ne réponds pas. Je ne sais pas si Mika est dangereux. Le paquet montre plutôt, d’après le psy qui a rejoint notre unité, un homme immature et très imbu de lui-même. Quelqu’un qui joue avec nous comme un chat avec une souris, qui garde la maîtrise mais qui dérapera dès qu’il se sentira en danger.

« Je travaille dans la police, le danger existe, mais nous faisons tout pour être prudents. C’est mon métier, tu sais, et je suis très bon.

— Alors je ne te demande qu’une chose : si tu prends des risques, préviens-moi, et préviens-moi aussi quand ça sera fini. Tu n’es pas obligé de me donner des détails, je veux juste savoir… savoir… pour ne pas m’inquiéter tout le temps pour rien, conclut-elle dans un marmonnement presque inaudible.

— D’accord. »

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