• La calligraphie & moi

    La calligraphie, ça remonte à loin. A mon enfance, en  fait. J’ai très vite été fasciné·e par la beauté des belles écritures que chaque époque apporte, en lien avec ce qu’elle est et ce dont elle perçoit de l’écriture et de la lecture. La plupart des polices racontent leur contemporanéité et leurs contraintes. Les polices racontent une histoire, une histoire ténue où il est question d’argent, de culture, de pratiques.

    La première question qu’on se pose, lorsqu’on pratique la calligraphie, c’est la question historique : pourquoi avoir commencé à écrire ? La principale raison est : garder une trace. Lorsque l’humanité se sédentarise et que la population commence à croître, il faut garder des traces : combien de vaches, quel volume de blé, quelle promesse a été faite, comment s’organise la société.

    L’écriture a alors un rôle fondamental : si on n’a pas assez de vaches ou de blé, c’est la famine ; si on ne fait pas appliquer les lois et les contrats, c’est la fin de la paix et de la prospérité. Tout le monde ne sait pas forcément lire, tout le monde ne sait pas forcément écrire. Ceux qui détiennent la connaissance de la lecture, de l’écriture et de la comptabilité ont plus de pouvoir que ceux qui doivent croire les premiers sur parole. Les sociétés qui créent une écriture complexe la rendent élitistes ; celles qui utilisent une écriture facile d’accès fabriquent une société plus horizontale.

    Rassurez-vous, je ne perds pas le nord. On est en plein dans le sujet. Pratiquer la calligraphie, c’est garder à tout moment à l’esprit qu’au-delà de la beauté, il est question de pouvoir. D’ailleurs, encore à notre époque, on regarde la bibliothèque des gens pour savoir quelle est leur place dans la société : ont-ils des livres ? des livres d’enfant ? des format poche ? des romances ? des mangas ? des grand format ? des livres primés ? des classiques ? des guides de voyage ? des livres anciens ? de la philosophie ?

    Les livres ont toujours eu un coût financier et social et la calligraphie mesure ce coût.

    Prenons l’époque contemporaine de 2026. Les livres sont d’abord édités en grand format (environ 22 €), puis en poche (environ 10 €). Il y a le coût d’achat du livre, le coût écologique du papier, l’industrie autour des sorties permanentes ou de la rentrée littéraire. La police serif (avec les petits traits au-dessus et au-dessous des lettres comme le i) a été inventée pour faciliter la lecture. Ce que ça raconte de notre époque ? Que nous consommons beaucoup de lecture.

    Restons en 2026 mais allons du côté de la lecture numérique. Sur la plupart des sites, vous aurez une police sans serif (sans les traits de chaque côté de la barre du i). Dans les années 1990, le Comic sans MS racontait le côté fun d’internet. Aujourd’hui, c’est plutôt l’Open sans, sobre et efficace, qui a la cote. Internet est devenu quelque chose de sérieux où la police doit se faire oublier, mais sans avoir besoin de facilement distinguer les lettres : on lit moins sur Internet que sur papier.

    A d’autres époques, la calligraphie racontait d’autres histoires.

    A une époque pas si ancienne, le papier était du parchemin. Rappelons que le parchemin est une peau, généralement de mouton (ou autre animal de taille moyenne) : imaginez le nombre de peaux et donc le coût pour un seul roman de votre bibliothèque. La peau a l’inconvénient d’être grasse : il faut la traiter pour pouvoir écrire dessus, mais a l’avantage d’être résistante : on peut la réutiliser et elle se conserve pendant des siècles.

    Il faut aussi une plume d’oiseau, avec un tube suffisamment large pour retenir l’encre : l’oie est le grand oiseau le plus courant. On la tue pour la manger, ce qui fait beaucoup de plumes disponibles. On gardera aussi les grandes plumes de perdrix ou des rapaces, mais elles sont plus rares, donc plus chères. Les plumes cassent, s’usent et doivent régulièrement être retaillées pour être utilisables. On ne peut pas leur donner un aspect pointu comme du métal : elles seront donc un peu plates au bout.

    C’est une époque où le coût du parchemin crée des polices d’écriture visant à l’économie de surface. On utilise donc des polices rondes, facile à déchiffrer, sans majuscule, et on sépare les mots par un simple point – quand on les sépare. L’interligne est réduite au strict minimum. On réutilise les feuilles dont on n’a plus l’usage : il suffit de gratter l’encre, de traiter le parchemin et de recommencer. C’est cher, mais durable.

    Les pratiques évoluent : puisque le livre est si cher, il doit se suffire à lui-même. On ajoute des dessins, des ornements, on exprime la fortune du commanditaire sur la reliure. Le livre se ferme comme un coffret pour protéger ses pages. Puisqu’on ne peut pas avoir d’immense bibliothèque, on n’en acquiert qu’un, le plus sacré de tous, le seul que tout homme et toute femme doit connaître. La Bible, donc : c’est pour ça qu’on a autant d’exemplaires manuscrits de la Bible et presque aucun de Narnia : quitte à choisir… On n’a d’ailleurs pas de bibliothèque comme aujourd’hui, avec des rangées d’étagères, mais un coffre où est rangé le livre.

    Puis l’imprimerie est inventée et les pratiques changent encore. Comment tailler à la main des caractères d’imprimerie pour que tous les A aient la même forme ? On invente la gothique, composée de carrés. Le parchemin devient du papier, mais le papier traditionnel, trop poreux, n’est pas adapté à l’encre d’imprimerie, trop agressive. On adapte le papier aux besoins occidentaux.

    Le temps passe encore : l’imprimerie existe pour les livres, mais les registres, les contrats, les correspondances, tout le reste est encore manuscrit. Le papier est moins coûteux, les polices se font plus élégantes ou plus administratives. Selon l’usage, elles sont décorées d’arabesques ou rapides à exécuter.

    La plume en acier apparaît, et avec elle des polices différentes, des pratiques différentes, où l’on peut écrire presque comme au crayon, tout en créant des pleins sur les traits descendants et des déliés sur les traits ascendants. L’école se démocratise et avec elle une police standardisée, sobre, facile à apprendre à tous les enfants. La machine à écrire fait à son tour disparaître tout un pan de l’écriture manuscrite. Le stylo à bille change encore les usages, avec des lettres au trait uniforme et une encre qui ne bave pas.

    A présent, c’est l’informatique : blogosphère, résotosphère, communication, fiction et non-fiction en ligne… Regardez les polices, vous y verrez des normes. Ces normes continuent, comme elles l’ont fait pendant plus de 10 000 ans, à servir les objectifs fondamentaux de l’écrit numérique.

    Comprendre que la calligraphie, au-delà de sa beauté désuète, a un usage, c’est en venir à mes propre usages. (Vous noterez que j’arrive de mieux en mieux à dérouler une logique pour en venir à la conclusion. Heureusement pour vous, nous n’y somme pas encore.)

    Poème Colchiques de Guillaume Apollinaire
    Poème « Colchiques » de Guillaume Apollinaire

    Bon. Soyons honnêtes entre nous, si vous le voulez bien.

    Au quotidien, je ne calligraphie pas, pas dans sa forme de beauté désuète. Je veux dire, il ne me viendrait pas à l’esprit de sortir mon porte-plume, ma boîte de plumes et mon flacon d’encre pour prendre des notes pendant une réunion. Certes, j’ai déjà envisagé de le faire dans certaines occasions, pour un courrier de résiliation ou autre bêtise du genre – tout comme nous avons tou·te·s déjà envisagé de rédiger un chèque sur une feuille de papier toilette. Envisager, ce n’est pas faire.

    (Un jour, je le ferai. Just for fun.)

    Ce que je pratique vraiment, ce sont deux types de calligraphie. La première, la plus simple, vise surtout à faire des petits cadeaux ou à rendre des petits services : menu de fêtes, cartons d’invitation, enveloppe personnalisée, petit mot dans un livre d’or… La seconde est pour moi : c’est de la création pure. De l’art. Généralement, je pars sur un projet et je fais plusieurs versions successives jusqu’à trouver une forme qui convienne.

    Comme tout art, un néophyte ne verra pas ce qui ne fonctionne pas dans la version 1 ou ce qui est encore perfectible dans la version 3. Vous êtes tou·te·s des néophytes. La calligraphie est un art de niche : passionnant, offrant des possibilités infinies (recopier Narnia) et infiniment chronophages (recopier Narnia) mais qui rompt avec la facilité d’accès des loisirs contemporains. Il faut du temps pour maîtriser les bases, du temps et de la persévérance.

    Mais admettons-le aussi : c’est gratifiant.

  • Hello World !

    Boîte de crayons de couleur

    Quand je compare ma façon de gérer les choses avec celle des autres, deux réflexions me viennent.

    D’abord, je commence par me dire que c’est indécent d’être à ce point instable. De pouvoir jeter le travail de plusieurs années sans autre forme de procès que « j’en ai marre, je repars à zéro ». De le faire sans le moindre début de commencement de culpabilité. Avant de réaliser, une fois le nouveau projet recommencé, que peut-être il y avait des choses à garder avant. Je me demande comment font ces gens qui gardent le même blog pendant des décennies, qui ont un carton avec leurs journaux intimes ou qui font le même sport, le même instrument, etc. pendant toute leur vie.

    Non pas que j’en sois très loin, hein. L’écriture fait partie de moi, et c’est donc bien naturellement que j’écris. C’est mon mode de communication. Je ne sais pas comment font les gens pour se parler : mettez-moi dans une pièce avec d’autres êtres humains et dans le meilleur des cas, j’aurai un sourire crispé en cherchant désespérément une excuse valable pour m’en sortir avant que ce soit socialement acceptable. Oui, même pendant les repas de famille, les mariages, les déjeuners d’équipe et les soirées entre potes. Mon rêve ultime, ça serait de pouvoir prendre mon sac à dos et de partir à l’instant où j’en ressens le besoin, sans même dire au revoir parce qu’à l’instant où j’en ressens le besoin, je n’ai déjà plus l’énergie sociale de dire au revoir.

    Tout cela pour dire que l’écriture, ce n’est pas vraiment un loisir. Dans mes vrais loisirs, mon Dieu ! heureusement que j’ai les finances pour ça. Heureusement que je n’en change pas toutes les semaines, que je ne me lasse pas aussi vite que je me prends de passion pour tel ou tel art. En vérité, j’ai quand même quelques constantes. Au fil du temps, même si j’ai testé beaucoup de trucs, il y a quand même des tendances qui apparaissent.

    La première tendance est, devinez quoi ! Tout ce qui a trait à l’écriture. Ouep, sans dec’. Au sens large, au cas où vous vous poseriez la question. J’aime donc créer des personnages, des histoires, les raconter, mais aussi me pencher sur les styles d’écriture, les genres littéraires au sens littéraire ou commercial, la lecture, me poser des questions existentielles sur la relation entre un·e auteur·rice et ses personnages, j’en passe et pas les meilleures. Quand on lit, on ne se pose pas toutes ces questions. On apprécie les personnages, la narration, l’ambiance et le style. Mais derrière, il y a une vraie personne, autrefois suivant des recommandations marketing, aujourd’hui aidée d’une stupide intelligence artificielle, qui se pose (ou ne se pose pas, plus souvent) des questions pour savoir ce qu’il y a à dire, comment le dire et pourquoi.

    Autant le préciser tout de suite : je ne suis pas les recommandations marketing. Je trouve ces articles racoleurs et superficiels. En revanche, j’utilise l’IA. Pas pour écrire, parce que s’il vous plaît le style de l’IA est terrifiant comme le qualifierait une mauvaise traduction : désolant, désespérant, horrible. Mais j’utilise l’IA pour des idées, pour développer, pour faire des recherches, pour tester des concepts. Parfois quand je cherche un terme ou une expression exacte. Jamais pour la rédaction ou la correction (ciel ! qu’on m’euthanasie si je le fais avant que les générateurs de textes aient le niveau nécessaire pour ça). L’IA est un outil et après l’avoir beaucoup éprouvé pour en connaître les forces et les limites, j’utilise ses forces et j’accepte ses limites.

    Donc, tous les textes ici présentés sont des créations originales protégées par cela.

    La deuxième tendance est, devinez quoi ! pas très éloignée de la première. C’est la calligraphie. J’ai commencé comme l’écriture, très jeune, et après des années de pratique et des pages et des pages de « o », je puis à présent faire à peu près n’importe quoi. D’accord, surtout du texte. Je suis un peu moins à l’aise avec les décorations, parce que je dessine à peine mieux qu’un enfant de cinq ans. Cela dit, comme je ne peux pas faire que du texte même si c’est impressionnant vu de l’extérieur, il est temps d’affronter mes peurs et de me lancer dans des trucs un peu plus compliqués que des étiquettes de mariage ou des menus d’anniversaire. Oui, je sais, ça ne va pas très loin pour le moment.

    Pour moi, la calligraphie représente une sorte d’aboutissement de la beauté de l’écriture. Ecrire d’une belle façon de belles choses, tracer soigneusement et lentement chaque lettre et ne pas pouvoir revenir en arrière aussi vite que je le fais avec un clavier, c’est comme faire tendrement l’amour aux mots toute la nuit. Est-ce que je viens vraiment d’écrire ce que je viens d’écrire ? Hmm oui, et c’est comme ça que je le ressens.

    Faire de la calligraphie nécessite de la patience, de la préparation. La moitié du temps de calligraphie, c’est tracer délicatement des lignes au crayon, en s’assurant qu’elles sont bien droites et toutes identiques, puis les gommer avec beaucoup de soin parce que sinon le papier froisse et tout est à refaire. C’est se poser la question de la police d’écriture, de la plume la plus adaptée, de l’angle d’écriture, du papier, de la couleur, de l’espace et des marges. C’est prendre le temps des lentes respirations pour empêcher la main de trembler, vérifier le réservoir d’encre, juste assez mais pas trop, rester penché·e sur une table pendant des heures et attendre tranquillement que ça sèche avant de contempler le résultat final.

    Passons à la troisième tendance. C’est la photo. Tout le monde prend des photos, n’est-ce pas ? Tout le monde a un smartphone et donc un appareil photo dans sa poche. Mais je ne prends pas de photo de souvenir. Les souvenirs sont dans ma tête. Autrefois, dans une autre vie, j’ai pris des photos souvenir de mes vacances, des anniversaires et autres célébrations. Etre de ce côté-là de l’appareil était une bonne façon de ne pas être sur les photos. Et puis un jour, j’ai voulu essayer des vacances sans appareil. Je ne sais plus pourquoi. Et j’ai réalisé que j’avais plus de souvenirs, parce que chaque instant était gravé dans ma mémoire, que j’observais vraiment, que je ressentais les choses bien plus intensément, en 3 dimensions et à 360°.

    A présent, je ne prends plus de photo souvenir. J’en prends, mais ce n’est pas ce que j’aime. Je ne prends pas de photo instagrammable ou digne d’un poster. Ce que j’aime, c’est la beauté ordinaire de ce monde tordu. La beauté prise sur le vif ou attendue pendant un long moment, jusqu’à avoir le cadrage parfait et l’absence de passants. Faire de la photo, c’est poser un regard différent sur le monde qui m’entoure. Je vais me promener, mon appareil à la main ou accroché autour du coup, et je vais voir. Voir véritablement, regarder en profondeur, observer les mouvements, les bizarreries, les drôleries, les petites choses insignifiantes d’une beauté saisissante.

    A mes yeux, la photo est à elle seule une thérapie. Elle me force à quitter l’écran de mon smartphone et à me lancer intensément dans ce monde, à en savourer chaque seconde. Parce qu’un pigeon qui se nettoie dans l’eau ne sera jamais aussi beau deux fois. Une porte qui tombe de ses gongs ou un canapé renversé seront réparés bientôt. Il n’y a pas de seconde chance à une photo prise sur le vif. Je n’ai parfois qu’une ou deux secondes pour saisir mon appareil, faire les réglages de base, cadrer et attraper cet instant parfait comme on chipe un fruit qui pend au-dessus d’une clôture. Et si je la rate ? Tant pis, il y aura d’autres moments parfaits.

    Vient enfin ma dernière tendance : les arts du fil. Au pluriel, parce que ce ne sont pas les arts qui manquent. Je dirais bien que j’ai été initié·e par ma maman, mais pas du tout : elle a essayé, ça ne m’a pas intéressé·e et quand ça m’a finalement intéressé·e, j’ai tout appris sur Youtube. C’est un peu mon loisir de réconfort. Quand, après une longue journée de travail, je me pose devant un film, mon tricot ou mon crochet à la main. Quand le week-end, je teste des façons de raccommoder mes jeans sans que ça fasse moche. Quand je crée des trucs jolis et inutiles, qui prennent des centaines d’heures pour… pourquoi, au juste ?

    C’est une façon de garder mes mains occupées, d’avoir un bruit de fond pour rester concentré·e. Ce qui ne veut pas dire que je ne tricote que des écharpes (mais j’en tricote) ou des peluches (mais j’en crochète). C’est aussi une façon de vivre plus en accord avec moi-même, avec mes valeurs. Qu’est-ce que vous croyez, au juste, quand vous achetez des trucs cousus, des vêtements, des sacs, etc. ? Ce sont des ouvrières sous-payées du tiers-monde de pays en voie de développement qui les fabriquent à la chaîne, dans des conditions sociales et environnementales plus que douteuses.

    C’est pour ça. Je ne supporte plus d’avoir des fringues qui ne me vont jamais fabriquées par des gens qui n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école. Ça me répugne. J’en achète encore parce qu’il faut bien s’habiller, mais d’un point de vue écologique, économique et humain, ça me répugne. C’est pour ça que, de plus en plus, je répare et fabrique mes vêtements, sacs et autres. Ça ne se fera pas en deux jours ou même deux ans, mais c’est faisable, alors je le ferai.

    Autant de tendances dans ma vie créative que de catégories, et je n’exclus pas d’inclure d’autres aspects de ma vie.


    La présentation de qu’est-ce que je fais étant finie et incroyablement bien organisée, j’en ai même des frissons dans le dos d’avoir réussi à ne pas trop digresser, parlons de moi. De toute façon, c’est moi qui écris, donc je parle de ce que je veux.

    …

    Merde, comme d’habitude, je ne sais pas quoi dire. C’est la question la plus pénible des entretiens d’embauche. Comme si, par ailleurs, ce « parlez-moi de vous » visait à dire plus que ce qu’il y a sur mon CV. Je me suis toujours demandé quel était le véritable intérêt de cette question, puisque la réponse détaillée est sur le bout de papier devant le recruteur. Peut-être qu’ils ne prennent pas le temps de lire les CV et que c’est une façon d’en obtenir un résumé sans préparer l’entretien. Peut-être que c’est une façon de savoir si je suis quelqu’un qui a une trop grande présence et est trop égoïste pour faire passer le bien-être des statistiques de ma hiérarchie avant mes besoins primaires d’alimentation et de repos.

    Alors disons que j’ai des valeurs. Si je devais parler de mes valeurs, je dirais : féminisme, humanisme, respect, altruisme. Pas forcément dans cet ordre. Evidemment, je suis contre l’abandon des chiens l’été et pour l’installation de plus de haies dans nos campagnes. Je n’ai pas forcément d’opinion tranchée sur l’économie, même si j’ai du mal à comprendre l’intérêt d’une fortune de plusieurs milliards de dollars. Je n’ai pas non plus d’opinion tranchée sur le nucléaire : si on oublie les déchets et les risques d’accident et la pollution thermique des rivières, c’est une énergie propre (du coup non) et pas chère (à quel prix ?). J’utilise exclusivement des piles rechargeables et des gourdes.

    Vous croyez que je suis parfait·e ? … Attendez, je finis de pleurer de rire, je reviens. Sérieusement ? J’ai un ego surdimensionné, je déteste avoir tort, même quand la réalité ne me donne pas raison, et ma capacité de communication est nettement moins développé que ces gros lourds qui sifflent les femmes en jupe dans la rue. Non pas que je siffle les hommes en bermuda, mais je suis incapable de réagir convenablement avec d’autres êtres humains. J’ai essayé, j’ai vraiment essayé, mais c’est comme si mon cerveau éteignait les options « tact » et « civilité » dès que j’ouvre la bouche. D’ailleurs, je ne crois pas que j’étais livré·e avec ces options. J’essaie seulement de ne blesser personne, mais de là à me faire apprécier… Ouais, je dérange.

    Sur ce, excusez-moi, je m’en vais me gratter le nez.

    Fediverse reactions